Mon aventure sur le West Highland Way en Écosse

Toute aventure se partage, et c’est ce que j’ai fait en partant avec une amie en Écosse en avril 2023. Au fil d’une discussion, elle m’a parlé de son projet de voyage dans les Highlands et de sa motivation à parcourir le West Highland Way, un itinéraire de 154 kilomètres à pied. Présenté ainsi, le défi paraît immense, presque intimidant : suis-je capable de marcher autant ? Ma fascination pour ce pays, sa culture, ses paysages, et mon goût pour l’aventure ont finalement pris le dessus. La vie, c’est aussi prendre des risques : je me suis donc jointe à cette aventure pour une semaine de randonnée en Écosse.

Deux ans après, je repense souvent à cette semaine dans les Highlands et à la plénitude que j’y ai trouvée. Raconter cette expérience unique dans un article de blog m’a semblé une évidence.

Qu’est-ce que le West Highland Way ?

Ouvert en 1980, le West Highland Way est un sentier de grande randonnée long de 154 kilomètres qui relie Milngavie, en périphérie de Glasgow, à Fort William, au cœur des Highlands. Il traverse des paysages spectaculaires, notamment les rives du Loch Lomond et la vallée de Glencoe, et passe à proximité du Ben Nevis, qui est le point culminant de l’Écosse et du Royaume-Uni avec ses 1 345 mètres d’altitude. L’itinéraire est parfaitement balisé et offre différentes options d’hébergement : bivouac, campings, chambres d’hôtes, auberges de jeunesse, etc., selon le confort recherché.

Pour notre première expérience de longue randonnée, nous avons préféré réserver nos hébergements plutôt que de camper. Nous avons choisi de réaliser le parcours en 7 jours, avec des étapes variant de 10 à 35 kilomètres.

Une aventure aussi bien physique que mentale

Arrivées à Glasgow deux jours avant le départ, l’excitation était palpable, mêlée à l’incertitude. La veille de la randonnée, impossible de trouver le sommeil. Avec mon amie, nous essayions de rester positives malgré la nervosité : allions-nous réussir ? Allions-nous abandonner en chemin ?

Dès l’arrivée à Milngavie, l’impatience a pris le dessus. Les premiers kilomètres étaient relativement faciles, le terrain étant encore plat. Mais dès la fin de la première journée, après 25 kilomètres, un problème de chaussures a enflammé mon tendon d’Achille : le cauchemar commençait. Le deuxième jour, le moral n’était pas au rendez-vous. Chaque pas était une souffrance, mais je ne voulais pas abandonner si tôt. Mon amie m’a prêté ses chaussures pour une partie de l’étape, et j’ai pu marcher 28 kilomètres.

Le troisième jour, les douleurs persistaient, aggravées par des ampoules. Cette étape, le long du Loch Lomond, a été la plus difficile : sentiers sinueux, montées et descentes incessantes. Après 30 kilomètres, j’étais épuisée, physiquement et mentalement. Le doute s’installait : allais-je tenir jusqu’au bout ?

J’ai finalement choisi de sauter l’étape suivante pour reposer mon corps. Grâce à la société qui transportait nos sacs, j’ai pu rejoindre l’hébergement suivant en véhicule. J’avais l’impression d’échouer et cette décision n’a pas été facile, mais c’était la meilleure chose à faire : c’est à partir de ce moment que mon aventure a changé.

Marcher pour mieux se retrouver

Les quatre premiers jours ont été éprouvants, mais j’ai appris à lâcher prise et à ne plus me mettre la pression de tout réussir parfaitement. Marcher, ce n’est pas seulement avancer sur un sentier : c’est accumuler les kilomètres, dormir loin de son confort habituel, sortir de sa zone de confort et vivre pleinement l’instant présent. Pendant sept jours, marcher, observer, parler, manger : tout se résumait à l’essentiel.

La cinquième journée, plus courte (12 kilomètres), m’a permis de reprendre le rythme. Nous entrions dans les Highlands, l’air devenait plus pur, les paysages plus montagneux : un vrai bonheur, qui m’a fait apprécier les difficultés passées. Passer la nuit à Bridge of Orchy, dans une ancienne gare réaménagée pour les randonneurs, fut une expérience à part entière. Le confort n’était pas au rendez-vous, mais c’est justement là qu’on réalise à quel point un bon lit douillet et un toit sûr au-dessus de la tête sont un vrai luxe. Une nuit qui remet les choses en perspective.

Le sixième jour a été mon préféré : c’était mon anniversaire, et l’étape vers Glencoe était la plus belle. Traverser ces montagnes, sans croiser âme qui vive, sans réseau, m’a procuré un sentiment de liberté pure. J’avais l’impression d’être tellement vivante. J’étais moi-même, rien d’autre n’avait d’importance à part être là, à marcher. J’étais tellement reconnaissante d’être en Écosse, au milieu de ces paysages magnifiques, avec une de mes meilleures amies qui a été un vrai pilier durant ce voyage. Une amitié dans laquelle on se montre telle que l’on est et où l’on apprécie les moments simples de la vie. Le soir, nous avons savouré un moment de calme, lisant au coin du feu avec vue sur les montagnes.

La suite du voyage s’est bien déroulée, même si nous n’avons pas pu faire la dernière étape par manque de temps. Nous sommes tout de même arrivées à Fort William le septième jour, remplies de joie et de fierté. Nous avons réussi cette aventure, à notre manière.

Petit conseil à tous ceux qui envisagent de parcourir le West Highland Way : prenez le temps de vous préparer physiquement, investissez dans un bon équipement, notamment des chaussures de qualité, planifiez soigneusement vos étapes à l’avance et pensez à réserver vos hébergements, car ils sont souvent très prisés.

À travers cette expérience, j’ai compris que notre corps est capable de bien plus que ce que l’on imagine, et que dans l’inconfort ou le défi, on se découvre autrement. Pendant ces sept jours de marche, mes pensées se sont clarifiées, et je me suis retrouvée. Le bonheur réside dans la simplicité : profiter de la nature, être entouré de mes proches, et disposer d’un confort minimal.

Si vous hésitez à vous lancer, souvenez-vous : chaque pas, même douloureux, vous rapproche d’une version de vous-même que vous n’imaginez pas encore.

Merci Marie pour cette aventure, merci l’Écosse pour ses paysages incroyables et ses habitants si accueillants. À très vite pour une prochaine longue randonnée !

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Moi c’est Cécile ! J’ai 31 ans et j’ai posé mes valises en Allemagne, il y a déjà 8 ans. Sur ce blog, je partage ma vie à l’étranger, mes récits de voyage ainsi que mes réflexions personnelles.