D’année en année, et ce depuis maintenant 7 ans, je suis tiraillée entre l’Allemagne et la France. Les allers-retours entre Cologne et mon Auvergne natale s’accumulent et ma nostalgie ne fait que grandir.
Vivre à l’étranger est une expérience unique et enrichissante en tout point. Mais chaque expérience peut avoir ses inconvénients. En vivant en Allemagne depuis des années maintenant, c’est comme si la France me devenait étrangère, chaque fois un peu plus. D’un côté, j’adore ma vie en Allemagne mais le quotidien n’est pas toujours facile surtout avec les démarches administratives. D’un autre côté, je vois mes proches évoluer en France et la vie est différente de l’époque où je vivais encore là-bas.
Actuellement, je suis en France pour une semaine et le trajet en train a été intéressant cette fois. Je me réjouissais de rentrer dans mon « Heimat* » comme on dit en allemand, mais à la fois j’observais les gens autour de moi et je ne me sentais plus vraiment à ma place. C’est comme si quelque chose à l’intérieur de moi avait changé et comme si je ne me reconnaissais plus parmi ces gens, je suis devenue étrangère.

Une fois cet épisode de train derrière moi, j’arrive enfin à destination – mon Auvergne natale. Et là, c’est un tsunami de souvenirs. J’ai vécu la majorité de mon enfance dans un village de 800 habitants traversé par une rivière et entouré d’une nature omniprésente. Dès que je suis là, je vais me promener dans le village et je me rappelle tous les souvenirs de mon enfance. Là où j’ai joué avec mes copains et mes copines autrefois, les après-midis d’été dans le jardin de mes parents et de ma grand-mère, mon adolescence à me plaindre de vivre ici. Le village en lui-même n’a pas changé mais moi, si. À l’époque, je me sentais enfermée dans cette vie qui me semblait trop petite et étroite pour mes rêves. Parce que oui, je rêvais de voyages et d’aventures et c’est finalement ce que j’ai fait, je suis partie et j’ai voyagé.

Et maintenant, je reviens ici nostalgique de ma vie en Auvergne entourée de ma famille. Je crois que c’est un peu toujours pareil, on envie ce que l’on n’a pas. Intérieurement, je suis persuadée que je reviendrai vivre un jour ici, mais je ne sais pas vraiment quand.
C’est un véritable casse-tête mais je pense que je ne suis pas la seule à être dans cette situation. Si vous vivez à l’étranger ou si vous avez déjà été loin de votre Heimat*, vous vous demandez peut-être aussi où est votre place ? Je me suis posée cette question toute ma vie aussi bien en France qu’en Allemagne en ayant cette impression de ne pas réussir à la trouver. Cette année, j’ai enfin fini par comprendre que peu importe où l’on se trouve, c’est à nous de prendre notre place. Je prends ma place en Allemagne et peut-être que ma place est aussi ici, en Auvergne où une partie de moi sera toujours présente.
Si vous aussi, vous avez le mal du pays ou si vous vous posez des questions quant à votre place, n’oubliez pas qu’elle se trouve là où vous êtes et peu importe où vous vous trouvez, prenez ces expériences et laissez-vous porter là où vous vous sentez bien.
Pour finir, je trouve que d’avoir un endroit aussi spécial que le Heimat* où l’on sait que peu importe ce qui se passe, il sera toujours là et il aura une place bien particulière dans notre cœur, eh bien c’est réconfortant.
Je suis reconnaissante pour ces expériences de vie et j’ai hâte de voir où je serai ces prochaines années, pour l’instant c’est Cologne et je profite de cette expérience à 100 % car tout est éphémère et qui sait ce que l’avenir me réserve. Dans mon cœur, j’ai deux maisons et j’ai enfin trouvé mon équilibre.
*impossible de le traduire en un mot en français. C’est notre pays natal/d’origine mais aussi la maison de notre enfance.







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