Par où commencer cette histoire…
Dans la vie, il existe des petits moments hors du temps qui résonnent en nous et viennent nourrir notre âme. Mon voyage au Japon, et plus particulièrement mon excursion à Koyasan, est l’un de ces moments.
En novembre 2023, je pars à la découverte du Japon pour trois semaines. Après des semaines à arpenter les rues des plus grandes villes japonaises telles que Tokyo, Kyoto et Osaka, une de mes meilleures amies me conseille de faire un détour par Koyasan. Je la cite : « Cess, il faut absolument que tu visites cet endroit, c’est magique ! » Étant de nature curieuse, il ne m’en a pas fallu plus pour me convaincre et je la remercie du fond du cœur pour cette recommandation.
C’est pourquoi j’écris cet article pour vous partager mon expérience et les réflexions qui ont suivi. Afin de vous apporter un peu de cette magie chez vous et encore mieux, d’être cette personne qui vous recommande de visiter cet endroit, si vous en avez l’occasion.
En faisant quelques recherches, je vois que Koyasan se situe dans la préfecture de Wakayama à deux heures d’Osaka et est facilement accessible en train régional. Dans plusieurs articles, je me rends compte que Koyasan est décrit comme l’un des lieux les plus sacrés du bouddhisme japonais. En effet, en l’an 816, le moine Kukai, plus communément appelé Kobo Daishi, fonda le centre spirituel de l’école bouddhiste Shingon sur le Mont Koya, la 2e montagne sacrée après le Mont Fuji, et le nomma Koyasan. C’est donc un lieu de pèlerinage majeur abritant aujourd’hui un complexe de 117 temples.
Malheureusement, tous les hébergements étaient déjà complets, ce qui signifiait que nous devions faire l’aller-retour dans la journée depuis Osaka. Si vous décidez de vous rendre à Koyasan, je vous conseille de prévoir en avance votre voyage car il est possible de réserver une ou plusieurs nuitées dans un temple bouddhiste avec un repas traditionnel, une expérience qui s’avère être également incroyable.
Le jour de notre départ, nous avons pris un train régional à la gare d’Osaka et ensuite un funiculaire pour atteindre la gare de Koyasan. De là, nous avons pris un bus pour rejoindre le village. En arrivant à Koyasan, nous étions bien loin de l’agitation de la ville et de son ciel bleu. Sur place, une pluie fine et du brouillard étaient au rendez-vous. Je pense que c’était le décor parfait pour refléter l’énergie qui se dégageait de ce lieu unique.
Il y a plusieurs temples qui méritent d’être visités et nous avons visité le temple Kongobuji et le site Okunoin. Ce dernier est celui qui m’a le plus marquée. Pour atteindre le site d’Okunoin, il faut emprunter un sentier de pèlerinage qui traverse tout d’abord un cimetière situé en pleine forêt comptant plus de 200 000 tombes.


Entourée de vieux cèdres et d’un léger brouillard, l’atmosphère semble tout droit sortie d’un film. Je sillonne ce sentier et l’énergie qui se dégage de cet endroit est difficile à décrire. Je me sens légère. Le sentier prend fin après 1 kilomètre de marche en partant de l’arrêt de bus et je me retrouve face au pont Gobyobashi qui marque l’entrée du temple. En traversant le pont, la fin du chemin mène à un hall qui s’appelle Torodo et connu pour ces 20 000 lanternes allumées. Pour information, le sanctuaire qui abrite le mausolée de Kobo Daishi est interdit d’accès, seuls les moines sont autorisés à s’y rendre ainsi que lors de certaines cérémonies organisées.
En entrant dans ce hall, la lumière est tamisée par des lanternes accrochées au plafond et il y règne une odeur enivrante d’encens. Je n’ai pas pu prendre de photos de ce temple mais un an après, le souvenir de ce moment reste intact. Au fil de la visite, les moines commencent leurs prières et les chants résonnent dans tout le site. Cet endroit était si paisible, loin de l’agitation quotidienne des villes.
Je décide alors de m’asseoir sur un banc le long du temple qui était protégé de la pluie et je prends le temps d’apprécier la forêt qui m’entoure. C’était magnifique ! C’est comme si à cet instant, le temps s’était arrêté et j’ai vraiment ressenti la magie de cet endroit.
À cette période de ma vie, je me posais de nombreuses questions quant à mon avenir et la direction à prendre professionnellement. N’étant pas entièrement satisfaite dans mon travail, je souhaitais prendre une nouvelle direction mais je ne savais pas vraiment laquelle choisir. J’avais l’impression d’être dans un brouillard depuis plusieurs années. Et arrivée sur ce site, j’étais véritablement dans ce brouillard et bizarrement je ne me sentais pas perdue. J’ai eu le sentiment profond d’être dans la bonne direction et que la décision que je devais prendre vis-à-vis de mon travail n’était pas si décisive que je le pensais. Je me suis rendue compte que j’avais déjà les réponses à mes questionnements intérieurs. Je devais juste me faire confiance et oser aller de l’avant. Et surtout ne pas accorder d’importance à l’avis des autres. Je ne sais plus où j’ai lu cette phrase, mais c’est la meilleure des affirmations pour avancer : « Si tu n’aimes pas l’endroit où tu es, bouge, tu n’es pas un arbre ». Et en observant cette forêt, je me suis dit « Oui, je peux bouger et je suis bien décidée à le faire en rentrant chez moi ».
Pourquoi tous ces mots sur mon excursion à Koyasan ? Parce que je pense que chacun devrait avoir un « Koyasan à soi », un endroit de retraite et de pleine conscience où l’on se reconnecte au présent.
Après cette excursion, je me suis sentie plus légère comme si l’énergie de la montagne avait absorbé mes énergies négatives. Et en rentrant en Allemagne, une semaine après, j’ai annoncé mon départ au travail. Cette décision, je ne l’ai pas un seul instant regrettée depuis.
Merci à ce voyage et merci à Koyasan de m’avoir apporté une lumière réconfortante et du courage au moment où j’en avais le plus besoin !








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